Tima Bansal sur les solutions fondées sur la nature et comment elles peuvent aider les entreprises à devenir carboneutres  

Tima Bansal sur les solutions fondées sur la nature et comment elles peuvent aider les entreprises à devenir carboneutres  

Un entretien avec Tima Bansal dans le cadre d’une série qui démontre les retombées positives des investissements dans des solutions fondées sur la nature. L‘environnement, la société et l’économie en bénéficient, créant ainsi un avenir meilleur pour tous.

Tima Bansal est professeur de stratégie au Ivey Business School de l’Université Western et la fondatrice du Network for Business Sustainability et du Ivey’s Centre for Building Sustainable Value. Tima dirige également Innovation North, un laboratoire qui réinvente l’innovation commerciale pour créer de meilleures entreprises et une société plus prospère.

Tima Bansal

Tima Bansal

Les entreprises qui cherchent à intégrer la durabilité dans leurs activités trouvent que les modèles conventionnels d’investissement environnemental, tels que les programmes ESG et de compensation carbone, ne répondent plus à leurs besoins. Cela incite les chefs d’entreprise à se tourner vers des investissements axés sur la nature qui feront une différence significative pour leurs résultats et l’avenir de notre planète.

« La croissance est au cœur de la plupart des entreprises, qui se développent pour générer plus de profit pour les actionnaires. Mais si elles continuent de croître, cela va consommer de plus en plus de ressources naturelles », affirme Tima.

« Finalement, cette croissance va ruiner leurs capacités de répondre aux besoins des générations futures, car la croissance va taxer les systèmes naturels, qui ne pourront pas se régénérer suffisamment. Pour assurer la prospérité des générations futures, nous devons nous assurer que nous protégeons l’environnement naturel. »

Au-delà du zéro émission nette

« Lorsque les entreprises aspirent à atteindre la zéro émission nette, elles commencent souvent par acheter des compensations carbone, généralement sous la forme d’investissements dans des projets d’énergie renouvelable. Mais alors que de plus en plus d’entreprises visent la carboneutralité, beaucoup se heurtent à une limite sur les compensations disponibles à l’achat. »

« Nous réalisons de plus en plus que nous devons non seulement ralentir la quantité de carbone que nous émettons, mais que nous devons également réparer certains des dommages que nous avons causés », dit Tima. « Pour faire cela, nous avons besoin d’une qualité très différente de compensations basées sur la régénération et non seulement sur la réduction. »

Les compensations basées sur la régénération naturelle sont devenues attrayantes pour les entreprises et la société. Contrairement aux projets d’énergie renouvelable, comme les parcs solaires ou éoliens qui ont une durée de fonctionnement limitée, la nature sera avec nous à perpétuité.

Dans sa chronique régulière dans Forbes, Tima explique que Microsoft réduit le carbone dans ses opérations et sa chaîne d’approvisionnement, en plus de multiplier les investissements visant à éliminer le carbone. Non seulement cela, mais Microsoft passe d’un but de zéro émission nette à un but d’émission nette négative, ce qui signifie qu’elle éliminera plus de carbone de l’atmosphère qu’elle en émet.

Pour les entreprises qui recherchent de nouvelles solutions carbones nettes négatives, « cela signifie qu’elles doivent trouver de nouvelles technologies et se tourner vers des projets de nature et d’agriculture régénératrice pour absorber le carbone. Nous avons donc maintenant un mouvement de capitaux dans cet espace », dit Tima.

Développement durable et ESG

Hors des programmes de réduction ou d’absorption du carbone, Tima explique que les entreprises ont besoin de revoir leurs programmes ESG afin de s’assurer qu’ils produisent des résultats significatifs, créant de la valeur interne et externe.

Les objectifs environnementaux pourraient signifier la réduction des émissions de carbone ou de la consommation d’eau, tandis que les objectifs sociaux pourraient se concentrer sur l’amélioration de la diversité de la main-d’œuvre. Finalement, les objectifs de gouvernance pourraient inclure la nomination d’administrateurs indépendants ou de femmes au conseil d’administration d’une société.

Bien que ces efforts soient importants, ils ne suffisent pas à déclencher les changements systémiques. Selon Tima, les efforts ESG échouent souvent à résoudre les problèmes fondamentaux auxquels sont confrontés une organisation et son modèle d’affaires.

Adopter la durabilité au sens large introduit de nouveaux concepts dans la conversation autour des ESG, tels que la protection des générations futures et la régénération de l’environnement naturel. Ceci, dit Tima, est une nouvelle approche pour les entreprises.

 La prospérité future

Pour de nombreuses entreprises, le développement durable n’est plus seulement qu’un objectif ambitieux, il s’agit maintenant d’un enjeu d’affaires urgent.

Les entreprises, les institutions et les gouvernements sont confrontés à une pression grandissante pour évoluer dans le sens de la durabilité. Dans la foulée de l’accord de Paris, d’innombrables entreprises ont commencé à adopter la durabilité au cours des dernières années, note Tima.  « Vous ne pouvez pas ne pas le faire », dit-elle.

La prochaine génération est déjà en train de repenser ses modèles d’affaires pour qu’ils soient fondés sur la durabilité. 

« On a besoin de penser à la prospérité d’une toute nouvelle manière », dit Tima. « La question que nous devrions poser est la suivante : ’Existe-t-il des entreprises dont le modèle économique est bien ciblé et qui sont prospères?’ »

Dans le cadre de son travail à l’Ivey Business School, Tima voit que les étudiants cherchent de plus en plus à créer des entreprises qui ne se contentent pas de faire des bénéfices, mais qui s’efforcent également de rendre le monde meilleur. Ils disent : « Je veux un monde différent et je veux faire partie de ce monde meilleur », explique-t-elle.

En partenariat avec des agriculteurs

Une des façons dont les chefs d’entreprise s’efforcent de construire un monde plus durable et d’atteindre la carboneutralité est d’aider les agricultrices et agriculteurs à introduire des pratiques de gestion innovantes qui donnent la priorité à la nature ainsi qu’à la production agricole.

« On réalise de plus en plus que la seule façon d’atteindre les objectifs de biodiversité ou les objectifs de carboneutralité est de disposer de plus de terres qui se régénèrent et qui ne nécessitent pas autant de combustibles fossiles pour l’agriculture », explique Tima.

Projet New Acre est l’un de ces modèles qui permet aux entreprises de soutenir financièrement les agricultrices et agriculteurs afin que ceux-ci puissent investir dans l’adoption de pratiques respectueuses de la nature dans leurs exploitations.  « L’entreprise paie l’agriculteur pour qu’il fasse les choses différemment, et l’agriculteur n’a pas à perdre de revenu. »

Pour s’assurer que leurs investissements génèrent des résultats durables, il est essentiel que les entreprises soutiennent directement les collectivités qui mettent en œuvre les solutions fondées sur la nature, conclut Tima.

Notre Impact

SDGs

Contribuer aux objectifs de développement durable

Biodiversité

Accroît la présence d’insectes, de pollinisateurs, d’oiseaux et offre un habitat pour la faune.

Gestion de l'eau

Améliore la santé des bassins versants

Changement climatique

Séquestre le carbone dans le sol pour contrer le changement climatique.

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