Dr Andrew MacDougall sur l’efficacité des solutions fondées sur la nature

Un entretien avec le docteur Andrew MacDougall dans le cadre d’une série qui démontre les retombées positives des investissements dans des solutions fondées sur la nature. L’environnement, la société et l’économie en bénéficient, créant ainsi un avenir meilleur pour tous.

Le docteur Andrew MacDougall, professeur au département de biologie intégrative, Collège des sciences biologiques, Université de Guelph, et son équipe du MacDougall Ecology Lab du département de biologie intégrative de l’Université de Guelph étudient l’efficacité des projets de restauration de prairies d’ALUS dans le sud-ouest de l’Ontario et quantifient les services écosystémiques produits, notamment l’accroissement de la biodiversité, la séquestration du carbone et la rétention des nutriments.

Dr. Andrew MacDougall shares his research involving beneficial insects and carbon sequestration on ALUS farms.

Docteur Andrew MacDougall

De la qualité du sol aux pollinisateurs et insectes, le docteur Andrew MacDougall et les scientifiques du MacDougall Ecology Lab mesurent l’incidence de Projet New Acre sur les exploitations agricoles en matière de pureté de l’air, de propreté de l’eau et de biodiversité.

Des agriculteurs et des éleveurs collaborent avec ALUS et Projet New Acre en élaborant des solutions fondées sur la nature sur des parcelles marginales de leurs terres pour faire face à la crise climatique et à la crise de la biodiversité ainsi qu’à d’autres défis d’intendance écologique. Les projets comprennent la restauration des prairies d’herbes hautes et la création d’un habitat pour les pollinisateurs.

En tant que scientifique, le docteur MacDougall cherche à mesurer et à comprendre les répercussions de ces projets d’écosystèmes.

« C’est une chose de planter des acres d’herbes hautes ou d’autres espèces végétales, dit-il. Mais la question était de savoir si ces projets avaient vraiment un effet. Nous avons pu prouver que, avant tout, ce programme fonctionne. »

Le docteur MacDougall, les scientifiques du MacDougall Ecology Lab et d’autres chercheurs de l’Université de Guelph mesurent l’activité des pollinisateurs et d’autres bio-indicateurs sur les terres agricoles d’ALUS depuis 2013. Leurs recherches ont confirmé l’incidence positive des projets ALUS – indiquant une augmentation de 300 % des pollinisateurs et des insectes bénéfiques après l’établissement des projets.* Les recherches du MacDougall Ecology Lab ont également confirmé que les projets ALUS fournissent un habitat essentiel aux insectes bénéfiques (insectes, mille-pattes, diplopodes, etc.), favorisent la biodiversité dans les agroécosystèmes, capturent et séquestrent le carbone dans le sol et, à certaines périodes de l’année, empêchent 50 à 100 % des nutriments provenant des engrais synthétiques, en particulier l’azote et le phosphore, d’être lessivés dans les eaux souterraines et de surface.

Dans la poursuite de ce travail, le docteur MacDougall entend utiliser les renseignements que lui et son équipe ont collectés et tirés des mesures réalisées pour créer des repères par acre qui permettront de mieux comprendre les bienfaits des projets d’écosystèmes. Grâce à ces données, Projet New Acre peut aider les organisations à déterminer avec exactitude la valeur qu’elles créent en investissant dans des solutions fondées sur la nature.

« Par exemple, nous voulons montrer que chaque fois qu’un acre de terre est préservé, 25 espèces d’oiseaux en bénéficient, 6 grammes de carbone sont capturés et ainsi de suite. C’est le genre de système comptable que nous essayons de mettre en place », explique-t-il.

Les recherches du docteur MacDougall montrent que les répercussions sont immédiates, même lorsqu’il s’agit de restaurer une petite parcelle de terre.

« Nous constatons presque instantanément que la création d’un habitat double la diversité des pollinisateurs indigènes et triple leur abondance. Les oiseaux réagissent positivement, les chauves-souris aussi. Cela nous montre qu’une grande partie de la biodiversité est privée d’habitat dans les paysages agricoles », explique le docteur MacDougall. « Lorsque vous créez un habitat, les espèces apparaissent très rapidement et en grand nombre et leur population prolifère. »

* Les terres agricoles marginales restaurées sont bénéfiques pour la diversité anthropique à plusieurs niveaux.

Création d’espace pour les pollinisateurs

Les initiatives de Projet New Acre soutiennent efficacement les pollinisateurs, car les prairies restaurées leur fournissent les deux choses dont ils ont besoin : du nectar et du matériel pour le nid.

« Les travaux d’Ally Dolezal, étudiante au doctorat, ont clairement montré que lorsque vous créez une bande de prairie à côté d’un champ de citrouilles, les abeilles butinent dans le champ de citrouilles puis retournent dans la prairie, et c’est là que l’on peut commencer à en tirer des bienfaits », affirme le docteur MacDougall. « Les comtés de Norfolk et d’Elgin sont comme le panier de fruits et légumes du Canada. Ils produisent beaucoup de choses qui ont besoin de pollinisateurs : des courges et des citrouilles aux fraises, en passant par les asperges et les pommes. Les pollinisateurs sont très importants. »

Répercussions perpétuelles

Les répercussions positives sur l’environnement de la mise en place de solutions fondées sur la nature dans les exploitations agricoles augmentent avec le temps. Le docteur MacDougall compare l’accumulation des bienfaits qui découlent de l’attraction des pollinisateurs sur un terrain protégé à un capital dont les intérêts s’accumulent.

« La biodiversité apparaît en premier. Ensuite, les réseaux de racines s’étendent au fur et à mesure que les prairies se développent, et ils deviennent très efficaces pour capter les nutriments. Cela prend de trois à cinq ans. Puis, le carbone commence à s’accumuler dans le sol », explique-t-il. « Le système fonctionne. »

La séquestration du carbone est essentielle. Le docteur MacDougall et son équipe cherchent à accélérer le processus. Il reconnaît qu’il s’agit d’une entreprise complexe. « Il faut un certain temps pour rétablir la santé du sol, mais c’est possible », dit-il. « Un récent travail de collaboration avec l’Université du Minnesota, sur des sols sableux presque identiques à ceux du comté de Norfolk, a permis d’observer une multiplication par trois du carbone dans le sol de terres démobilisées.* »

* Les nutriments du sol multiplient par trois les gains de carbone à long terme sur les terres agricoles retirées de la production.

De nouvelles occasions de croissance

Alors que certaines organisations se concentrent uniquement sur la préservation de la nature et de la biodiversité, le docteur MacDougall note que de nombreuses entreprises souhaitent contribuer à la création et à l’amélioration du capital naturel afin d’obtenir des effets mesurables. En outre, il note que si la plupart des entreprises reconnaissent aujourd’hui la nécessité d’adopter des pratiques commerciales durables et veulent s’attaquer aux répercussions du changement climatique sur l’économie mondiale, elles cherchent des partenariats crédibles et scientifiquement validés pour remplir leur mission et établir des relations positives dans toute la chaîne d’approvisionnement.

Cet appétit pour de nouvelles voies d’investissements et le besoin de comprendre l’incidence des investissements se conjuguent parfaitement avec Projet New Acre, qui tire parti de l’intérêt du marché envers les solutions fondées sur la nature afin de favoriser l’accès des propriétaires fonciers privés à du soutien technique et financier pour établir et maintenir de tels projets.

« Une grande partie du paysage arable mondial est aujourd’hui utilisée à divers degrés pour les cultures, ce qui rend difficiles la régénération du sol et la séquestration du carbone », explique le docteur MacDougall. « Nous devons trouver un moyen de réduire davantage le carbone et de récompenser les agriculteurs qui le font. »

Les agriculteurs avec lesquels le docteur MacDougall et son équipe ont travaillé sont tous très désireux de participer au projet et de soutenir les efforts visant à mesurer l’incidence de leur travail. L’intendance et la durabilité sont importantes pour eux, mais ils ne disposent pas toujours du soutien ou des ressources nécessaires pour prendre les mesures qu’ils souhaiteraient.

Projet New Acre et ALUS font en sorte qu’il est économiquement possible pour les agriculteurs de gérer différemment les terres non rentables afin de créer des services écosystémiques et de générer des bienfaits environnementaux sans perturber leur exploitation. Cela permettra non seulement de lutter contre la crise climatique et les menaces mondiales pesant sur la biodiversité, mais aussi de répondre à la demande alimentaire de la population mondiale.

Grâce à son travail, le docteur MacDougall contribue à relier des éléments tels que la biodiversité et la réduction du carbone sur les terres agricoles, ce qui permet aux entreprises d’observer concrètement les répercussions de leurs investissements dans la nature.

« Je pense que cela doit se faire une ferme à la fois. C’est là que la puissance du travail d’ALUS entre en jeu, parce qu’il y a tellement de fermes qui participent au programme – 40 000 acres dans l’ensemble du Canada maintenant, et ça augmente », dit-il. « Lorsque des entreprises investissent dans Projet New Acre, elles se voient créditées pour leurs répercussions réelles et mesurables, l’agriculteur reçoit de l’argent et la terre est protégée. Si toutes les organisations faisaient ça, cela ferait une énorme différence. »

Notre Impact

SDGs

Contribuer aux objectifs de développement durable

Biodiversité

Accroît la présence d’insectes, de pollinisateurs, d’oiseaux et offre un habitat pour la faune.

Gestion de l'eau

Améliore la santé des bassins versants

Changement climatique

Séquestre le carbone dans le sol pour contrer le changement climatique.

Katherine Balpataky-

Katherine Balpataky

Directrice principale, Partenariats corporatifs

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